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jeudi 22 novembre 2018

Conférences Samedi 8 décembre 2018

Madame Jacynthe Tremblay, (Nanzan Institute for Religion and Culture, Japon)  

« Le soi égaré. La “voie” selon Nishida »

Le propos de cette conférence est de démontrer que Nishida Kitarō accorda une grande importance au concept de « voie » (道, 路, 途), ainsi qu’en fait foi ce tanka daté de 1936 : 「人は人吾は吾なりとにかくに吾行く道を吾は行くなり」. (Les gens sont ce qu’ils sont. Je suis qui je suis. De toute façon, je vais suivre la voie que j’ai empruntée). On trouve près de 300 occurrences du mot « voie » dans les écrits de Nishida. À cela s’ajoutent le nombre considérable de mots composés avec les caractères 道, 路 et 途, et auxquels Nishida octroya soit une signification philosophique particulière, soit un rôle d’articulateurs logiques de son discours, par exemple 道具 (outil), 経路 (chemin, route), ou encore 途中 (chemin faisant). Il apparaîtra également qu’en même temps qu’il insiste sur la « voie », Nishida approfondit le concept de « soi » (qui chemine sur la voie), de même que les relations entre le soi et le monde, notamment entre le soi et son corps. Or, constatera-t-on enfin, Nishida insiste simultanément sur le fait que cette « voie » n’est jamais donnée d’avance et doit être tracée à mesure que le soi pose des actes en ce monde et entre en relation avec autrui. Elle est aussi dépourvue de but, si bien que paradoxalement, le soi ne peut atteindre sa propre profondeur et trouver vraiment sa propre voie que lorsqu’il est « égaré » . 


La séance aura lieu : de 14h30 à 16h30 à l’Inalco, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris, salle 3.11.

lundi 30 avril 2018

Conférences Samedi 12 mai 2018

 
Quentin Blaevoet (Université de Lille III)

Titre : « L’héritage phénoménologique du jeune Nishida Kitarô »

Myoshinji Reuun'in 妙心寺霊雲院
Les Recherches sur le Bien (善の研究) sont l’expression d’une intuition philosophique première qui prend la forme, d’abord, d’une psychologie descriptive organisée autour de la notion d’« expérience pure » (純粋経験), empruntée à William James. Elle constitue pour Nishida le principe du processus d’unification de toute la réalité. 

Tant de par l’élaboration d’une psychologie descriptive que par la recherche de l’unité des multiplicités la philosophie de Nishida entretient comme un air de famille, une proximité avec la phénoménologie européenne initiée par Husserl, dont Nishida se fera commentateur et interprète dans les années qui suivent les Recherches sur le Bien. Les réflexions collectées dans『自覚に於ける直観と反省』1 consistent – du moins en partie – en la réévaluation de ces premières intuitions philosophiques à la lumière de la philosophie husserlienne elle aussi encore en cours d’élaboration. 

Dans quelle mesure la philosophie de Nishida, telle qu’elle se développe à partir du milieu des années 1910, est-elle tributaire de la phénoménologie de Husserl ? Sans négliger le fait que dans cet ouvrage Husserl ne constitue pas la seule pierre angulaire de la réflexion, il s’agira pour nous, au cours de cette étude, 1. d’analyser et d’interpréter les transformations de la philosophie de Nishida dans le passage de 『善の研究』(1911) à『自覚に於ける直観と反省』(1913-1917), 2. d’y déceler les influences de la phénoménologie husserlienne et d’en analyser la portée ; et 3. d’évaluer l’importance de la phénoménologie dans l’élaboration de la logique du Basho. 

Enfin, il s’agira non pas seulement de mettre en évidence l’héritage phénoménologique de Nishida, mais d’amorcer ce qui sera l’objet d’une autre étude, c’est-à-dire la nécessité contemporaine, pour la phénoménologie, de prendre en charge la philosophie de Nishida une fois sa pensée parvenue à l’âge de sa maturité, au sein de laquelle fleurissent les différents lieux, en particulier le lieu du Néant absolu qui dépasse les acceptions des transcendantalismes dans lesquels la philosophie de Nishida prend racine, y compris celle de Husserl. 

1. Nous utiliserons au cours de notre étude la traduction anglaise de Valdo H. Viglielmo, Takeuchi Yoshinori et Joseph S. O’Leary, Albany, State University of New York Press, 1987.

La séance aura lieu : de 14h30 à 17h30 à l’Inalco, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris, salle 3.15.

mercredi 11 octobre 2017

Conférences Samedi 28 octobre 2017

 
Jacynthe TREBLAY (Nanzan Institute for Religion and Culture, Nagoya) 

Titre : « Quelques concepts fondamentaux de Nishida à la lumière de la physique moderne ».


Résumé : La prédilection affirmée de Nishida pour les sciences, non seulement de son époque, mais également plus anciennes, se concrétisa dans un important corpus de philosophie des mathématiques et des sciences. Les 13 essais de différentes longueurs qui composent ce corpus totalisent plus de 600 pages. La majorité fut écrite durant les dix dernières années de la vie de l’auteur. Dans tous ces essais, Nishida associe étroitement sa propre pensée aux découvertes scientifiques de son époque. Dans cette présentation, je tenterai de montrer qu’à travers les liens entre la philosophie et les sciences qu’il s’efforça d’établir au fil de ces essais, Nishida en vint à préciser sans cesse davantage ses propres concepts philosophiques.

Dans un premier temps, il sera question des rapports de Nishida à la mécanique quantique à partir de 1934, de même que, plus généralement, de la réception cette discipline au Japon au début du vingtième siècle. En deuxième lieu, je traiterai de l’influence remarquable exercée sur Nishida par les écrits à teneur philosophique du physicien danois Niels Bohr (1885-1962). La mécanique quantique souleva en effet des questions épistémologiques importantes qui eurent des répercussions non seulement sur la formation de plusieurs des concepts de Nishida, mais également sur l’ensemble de la philosophie contemporaine. Troisièmement, je mettrai l’accent sur la reconnaissance du statut de l’« observateur » dans l’expérimentation scientifique, ainsi que sur la manière dont Nishida, à l’instigation de Bohr, intégra ce thème de l’observation au monde élargi des faits historiques. Enfin, je montrerai comment le « principe de complémentarité » de Bohr, développé à partir de 1927 dans le but d’ajouter aux calculs mathématiques une dimension épistémologique, permit à Nishida d’attirer l’attention, comme personne d’autre encore ne l’avait fait avant lui, sur le lien indissociable entre l’esprit humain et le monde de la nature (dont le corps humain). En mai 1937, au moment même où Bohr était en visite au Japon, Nishida relia en effet directement le principe de complémentarité à son concept d’auto-identité contradictoire. Simultanément, il y vit un moyen privilégié pour développer ses concepts d’intuition agissante et de corps historique.


La séance aura lieu : de 14h30 à 17h30 à l’Inalco, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris, salle 3.03.

mercredi 7 juin 2017

Conférence Samedi 3 juin 2017

 
Marc PEETERS (Université Libre de Bruxelles) 

Titre : KUKI Sûzô 九鬼周造: Temporalité et contingence.


Résumé : L’objet de cette communication est de mettre en évidence les structures architectoniques propres au Problème de la contingence, opus magnum de Kuki. Après une approche kantienne de la contingence comme de l’étonnement, ce travail vise à circonscrire les apparences transcendantales et existentiales structurant la démarche philosophique comme « surprise » ou « reprise ». C’est dire que la conception du temps et de la spatio-temporalisation du Dasein renvoie à l’abstraction de raison raisonnée du projet philosophique heideggerien. Sans qu’il y ait de dimension morale à l’Analytique existentiale, nous interrogeons l’éventuelle « éthique » de la contingence. Cette dernière n’est autre que la définition, en définitive impossible selon la leçon de Kant, de la philosophie, profondément existentialiste au sens allemand de ce courant philosophique, la pensée de Kuki procède par « êtres philosophiques et abstraits (comme dit Descartes) », marquant une tension philosophique profonde entre la structure du temps et son inscription ontologique. Car interroger la contingence, par-delà la casuistique des concepts modaux, c’est eo ipso interroger le vécu de la conscience temporalisée. Ainsi, nous montrons les différentes dimensions kantiennes dans l’étude de la modalité semi-régulatrice, le défi est alors de penser architectoniquement la « Grande Santé », comme schème de tout « germe philosophique ».

TACHIBANA Tomoaki (Université de Clermont Auvergne) 

Titre : Présence et absence de Fichte dans le premier NISHIDA Kitarô 西田幾多郎. 

samedi 24 octobre 2015

Nishida Kitarō 西田幾多郎 (1870–1945)

Par Simon Ebersolt

Voir le PDF

Nishida Kitarô zenshû 西田幾多郎全集 (Œuvres complètes de Nishida Kitarô), éd. Abe Yoshishige 安倍能成 et al., 19 vol., Tôkyô, Iwanami shoten 岩波書店, 1965-1966. [en abrégé NKZ, avec indication du volume en chiffres romains]

Nishida tetsugaku senshû 西田哲学選集 (Œuvres choisies de la philosophie de Nishida), dir. Ueda Shizuteru 上田閑照, 9 vol., Kyôto, Tôeisha 燈影舎, 1998.

Nishida Kitarô zenshû 西田幾多郎全集 (Œuvres complètes de Nishida Kitarô), éd. Takeda Atsushi 竹田篤司 et al., 22 vol., Tôkyô, Iwanami Shoten, 2002-2009 (nouvelle édition des œuvres complètes de Nishida).

I) Textes de Nishida traduits en français :

« Dieu », trad. par Girard Frédéric, in Cahiers pour un temps : écritures japonaises, Centre Georges Pompidou, 1986 ; trad. de la section « Kami » du chapitre « Shûkyô » 宗教 (La religion) de : Zen no kenkyû 善の研究, Tôkyô, Iwanami shoten, 1911 (NKZ I, p. 178-189).

La culture japonaise en question, trad. par Lavelle Pierre, Paris, Publications Orientales de France, 1991 ; trad. de : Nihon bunka no mondai 日本文化の問題, Tôkyô, Iwanami shoten, 1940 (NKZ XII, p. 275-394).

samedi 20 juin 2015

Conférence samedi 27 juin 2015

M. MORINO Yūsuke (Osaka University)

The Relation of Doxa and Self in the Philosophy of Kitarô Nishida


Samedi 27 juin 2015, 14h30-16h
La salle 3.15

I.N.A.L.C.O. - Pôle des Langues et Civilisations 65, rue des Grands Moulins, 75013 Paris Métro 14 et RER C : Bibliothèque François Mitterrand Sortie : rue des Grands Moulins. 

Résumé : 

This presentation is going to deal with the philosophy of Kitarô Nishida (1870-1945), who is known as the first Japanese “philosopher.” Especially, I want to focus on his theory about “Self.” 

Some studies about Nishida have emphasized “Non-self” on his writings. In their readings, Nishida insists that our Self, which is expressed by a subjective word are some sort of an illusion. The only real existence is the moving direct experience and “Self” as the subjective word is a result of a negative abstraction from the living experience. Of course, this thesis of Nishida is an important issue. However when we think about Nishida’s later philosophy, the more important point is below; “Self” is also an illusion in Nishida’s later thought, however it is an indispensable illusion. Simply, we must say “I” whether it is an illusion or not. This view relates to “doxa” or “contradiction” on his later thought. Nishida constructs his middle and later philosophy with this “contradiction” between the moving informal experience (in his word, the true Self) and static subjective “I.” 

lundi 12 mai 2014

Conférence samedi 24 mai 2014

M. James W. HEISIG (Nanzan Institute for Religion and Culture, Nagoya / Japan) 

donnera une communication en anglais sur le thème de : 

NISHIDA’s Philosophical Equivalents of Enlightenment and No-Self. 

Le Bureau de Nishida:
Kotsuseikutsu 骨清窟
Samedi 24 mai 2014, 14h30-16h30 
La salle 3.15 

I.N.A.L.C.O. - Pôle des Langues et Civilisations 65, rue des Grands Moulins, 75013 Paris Métro 14 et RER C : Bibliothèque François Mitterrand Sortie : rue des Grands Moulins 

Voir le PDF

Accès libre 

Conférence suivie d'une discussion 

Responsables : Simon EBERSOLT, Akinobu KURODA, Takako SAITÔ, Bernard STEVENS, Mayuko UEHARA 

Contact courriel : takako.saito@univ-lehavre.fr, akinobukuroda@gmail.com, simon.ebersolt@gmail.com